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Vérification des faits

Les données ignorées : la vérité choquante sur les taux de survie dans les courses de pigeons

Faits saillants d'AviQ

  • Le taux de retour en course maritime est souvent <2%, des milliers partent, des centaines rentrent
  • Espérance de vie naturelle ~12 ans, mais beaucoup meurent en course avant 1 an
  • Pigeons égarés/tardifs souvent abandonnés, ailes coupées, ou kidnappés contre rançon

Les données ignorées : la vérité choquante sur les taux de survie dans les courses de pigeons

La colombophilie, une activité perçue de l'extérieur comme empreinte de tradition et de passion, cache derrière l'éclat des prix et de la gloire un aspect cruel rarement évoqué publiquement : un taux de survie extrêmement faible. Cet article révèle, à travers des données et des faits concrets, la véritable situation à laquelle sont confrontés les pigeons dans ce sport.

Commençons par un indicateur central : le taux de retour. Dans les courses maritimes typiques de Taiwan, il est fréquent qu'une course entraîne la mort de milliers, voire de dizaines de milliers de pigeons. Selon les données citées par des associations de protection animale comme le Taiwan Bird Rescue Association, le taux de retour des pigeons de course est souvent de 1% ou moins. Un exemple plus concret est la course de printemps 2024 d'un club de colombophilie de Tainan, où sur 1 349 pigeons engagés, seulement 15 ont terminé la course, soit un taux de retour de 1,11%. Cela signifie que plus de 98% des pigeons ne sont pas rentrés.

Des données à plus grande échelle sont tout aussi alarmantes. La législatrice Chen Jiao-hua a indiqué lors d'une conférence de presse que lors d'une course d'hiver de l'année dernière, sur plus de 45 000 pigeons participants, après les éliminatoires et plusieurs étapes, seuls 722 sont finalement rentrés, soit un taux de retour global de 1,58%. Le secrétaire général de l'Association taiwanaise de sauvetage des oiseaux, Wu Qunyi, a ajouté qu'environ 350 000 pigeons participent chaque année aux courses, et que moins de 2% survivraient à la compétition. Ces chiffres froids pointent vers un fait : pour la majorité des pigeons participants, le voyage est un aller simple sans retour.

Pourquoi les pertes sont-elles si importantes en course maritime ? Cela est étroitement lié à la nature du pigeon et à l'environnement de la course. Le pigeon domestique descend du pigeon biset, qui vit principalement à l'intérieur des terres eurasiennes et possède l'instinct de voler sur de longues distances au-dessus des terres. Cependant, l'environnement maritime présente des risques immenses qui n'existent pas dans son habitat naturel : des conditions maritimes imprévisibles, des phénomènes météorologiques extrêmes soudains, la désorientation due au manque de repères terrestres, et l'épuisement dû aux longues distances. Une fois épuisé ou perdu en pleine mer, la mort est presque inévitable pour le pigeon. Les groupes de protection animale décrivent des scènes où, par mauvais temps, les pigeons épuisés tombent en masse dans la mer, comme une "pluie de pigeons".

Outre les risques environnementaux, certaines pratiques au sein de l'industrie, visant à maximiser les performances, affectent directement le bien-être et les chances de survie des pigeons. Par exemple, certains participants utilisent le "système veuf", séparant les couples mâles-femelles pendant de longues périodes et ne les réunissant que brièvement avant la course, exploitant leur attachement au nid et au partenaire pour les stimuler à rentrer rapidement. Pour les femelles, il arrive qu'on les fasse pondre et couver avant la course, utilisant l'instinct maternel pour les pousser à rentrer nourrir leurs petits. Ces pratiques vont à l'encontre du comportement social naturel des pigeons, qui sont monogames. De plus, pour inciter les pigeons à rentrer plus vite, il est courant de ne pas les nourrir la veille de la course, les faisant concourir à jeun. Pire encore, certaines courses ont lieu sciemment par mauvais temps, envoyant ainsi les pigeons à une mort certaine.

Le sort des pigeons qui ne rentrent pas à temps n'est guère plus enviable. Ils peuvent se perdre et disparaître, mourir en mer, ou même s'ils survivent par chance ou rentrent tardivement, être abandonnés par leurs propriétaires car n'ayant plus de valeur compétitive. Parmi les pigeons de course secourus par l'Association taiwanaise de sauvetage des oiseaux, beaucoup ont les ailes coupées ou brisées, car ils "sont rentrés trop tard de la course, ils n'ont plus d'intérêt". L'association a même secouru un pigeon dont les ailes avaient été brisées à deux reprises, signifiant que l'oiseau était revenu avec difficulté au pigeonnier après un premier abandon, pour être à nouveau mutilé. Une autre menace provient des gangs criminels qui pratiquent le "kidnapping de pigeons", capturant les oiseaux en vol avec des filets pour réclamer une rançon aux propriétaires ; si celui-ci négocie, le pigeon peut être délibérément blessé.

Cela contraste avec la durée de vie naturelle d'un pigeon, qui est d'environ 12 ans. Pourtant, l'âge des pigeons participants est généralement limité à 4 ou 8 mois, et beaucoup meurent en course avant d'avoir atteint un an. Leur vie entière se résume parfois à ce seul vol périlleux.

Actuellement, l'activité de course de pigeons se situe dans un flou juridique. Considérée comme une compétition non "manipulée par l'homme", elle ne relève pas des autorités sportives. Les aspects liés aux blessures animales dépendent du Conseil de l'agriculture, et ceux liés aux paris de la police. Il manque donc une autorité de régulation forte et clairement responsable. Certaines courses utilisent même des navires étrangers et se déroulent en eaux internationales pour échapper aux contrôles. Des législateurs et des groupes de protection animale appellent donc à une réforme de la loi pour faire face à ce problème et mettre un terme à ces compétitions cruelles.

Connaître ces vérités ne signifie pas rejeter en bloc cette activité historique, mais incite tous les participants et observateurs à une réflexion plus profonde. Le développement durable d'une industrie doit être fondé sur le respect de la vie et la recherche de normes éthiques. Trouver un équilibre entre la passion, la tradition et le bien-être animal est une question que le sport colombophile devra affronter sérieusement à l'avenir.

AvertissementLe contenu de ce site est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement, en élevage ou en médecine. Toutes les données sont citées de sources publiques. Ce site n'est pas responsable de l'exactitude des données ni des pertes découlant de l'utilisation des informations de ce site. Si une infraction est constatée, veuillez nous contacter et nous y remédierons immédiatement.